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11.03.2005

§3. Vertiges

La maison Haeimyx était du genre cossue à la façade couleur d’encens. Facilement reconnaissable avec ses fenêtres en pointe de cœur, elle laissait transparaître une lueur rassurante pour le voyageur solitaire. Lévaïne poussa la lourde porte et s’étonna de la douce mais incontournable odeur des cakes. Il remarqua très vite la jeune fille au tablier, sans doute la serveuse et il alla directement vers elle. Il ne tourna pas son regard vers les autres gens attablés ci et là. En baissant les yeux, il demanda d’une voix trouble à la jeune fille où il pouvait s’installer sans déranger personne.

Son arrivée était attendue si bien qu’une table lui était réservée et le déjeuner prêt à être servi. Lévaïne se sentit légèrement rassuré et s’assit à la table indiquée. Il sorti la Carte et estima la distance qu’il lui restait à parcourir jusqu’à la forêt de Crugean : encore une pause à l’auberge Godéhamouce pour le repas de midi puis deux heures de marche pour atteindre la forêt et y cueillir les herbes puis une longue marche avant de retourner souper à la maison Haeimyx et enfin retourner au plus vite à la demeure Sjidge. Les herbes devaient être préparées dans les 15 heures après avoir été cueillies.

Malgré les nombreuses explications des Vieux concernant le voyage, il subsistait une partie relativement sombre pour Lévaïne : la lisière de la forêt. Plusieurs rumeurs circulaient sur des personnages étranges qui habitaient la lisière. Levaïne ne préférait pas y penser et mangea goulûment son petit déjeuner. Il repris aussitôt la route.

Après une demi-heure de marche, la tête lui tournait. Il avait une lourdeur au niveau de l’estomac et avait particulièrement chaud… nausée et vertiges.. Un ingrédient sans doute qui ne devait pas lui convenir.. ou alors ces angoisses !? Ne pas y penser, se concentrer sur le chemin, ne pas s’angoisser davantage.. surtout pas!



13:51 Écrit par Alyzarine Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

04.03.2005

§2. Le Chemin Gris

Pour cueillir les herbes, les herbologues devaient emprunter le Chemin Gris menant à la lisière de la forêt de Crugean. Deux autres chemins existaient aussi mais l’un était beaucoup trop long, ce qui aurait pu faner les herbes et l’autre étant trop escarpé et dangereux pour le voyageur solitaire.

Le voyage était toujours soigneusement préparé par les Vieux. Maintes fois, ils avaient détaillé le chemin à Lévaïne. Ils lui avaient prévus trois escales correspondant aux heures de table. En plus de cet enseignement, les Vieux lui avaient remis la Carte et les trois perles de porfirre dont la propriété était d’indiquer la direction de la demeure Sjidge. Le temps de voyage était compté : deux jours pour pouvoir cueillir les herbes dès leur éclosion et les ramener au plus vite à la demeure afin de les décocter.

 

C’était la première fois que Lévaïne  empruntait le Chemin Gris.

Encore ému par son départ, il se sentait contrarié et son esprit divaguait vers des anxiétés davantage dignes de sa petite sœur que d’un homme de son âge. A plusieurs reprises, il voulut consulter sa carte pour retracer visuellement le chemin qu’il connaissait pourtant par cœur. Pour ouvrir correctement la Carte, il devait interrompre sa marche. Dans son hésitation, Lévaïne jugea des conseils des Vieux ; qu’avait-il le plus à craindre ? Les Dépossédés, voleurs de rêves ou le risque de faner les herbes ?! Enfin, il se rassura en pensant à sa première escale et à la douce odeur régnant dans la maison Haeimyx réputée pour ces petits cakes à base de cette racine venue des pays chauds.


11:05 Écrit par Alyzarine Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note |  Facebook |

§1. Les herbes de la forêt de Crugean

Le jeune Lévaïne se rendait du Mont Sjidge – et plus précisément de la demeure aux trois portes d’or - à la forêt de Crugaen pour y cueillir les herbes médicinales. Comme le veut la tradition, c’était le plus jeune des herbologues de la Sjidgie chargé de cette tâche.

Il était parti à l’aube du deuxième jour de l’année, avant que la dernière étoile n’ait quitté le voile noir de la nuit. Il s’était enveloppé de sa gabardine de mousses frottée à l’huile de lune, le protégeant ainsi des températures extrêmes fréquentes en cette saison. Il s’était coiffé d’un galurin en plumes de pinsons rouges, emblème de la demeure Sjidge et tenait à la main le bâton Ctah ferré et orné de la corne de bélier dont la pointe scrute les arrières du marcheur solitaire.

Les herbes sont éphémères en ces terres reculées. Elles n’apparaissent qu’un seul jour par an alors que la neige recouvre les cimes des grands arbres éternels. Elles sont précieuses pour les Sjidgiens car elles procurent les Rêves. Les Rêves sont ici le fluide vital des êtres au sang chaud mais les herbologues sjidgiens étaient les seuls à savoir comment les cueillir sans les froisser et les préparer en décoction selon la formule d’Ausmeyre, Grand Magicien des Vénérables des époques révolues. Les herbologues sjidgiens étaient devenus dès lors aussi précieux que les herbes en elles-mêmes.


11:04 Écrit par Alyzarine Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note |  Facebook |

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